30 ans, l’âge de la paix

J’ai longtemps hésité à écrire un article sur le cap des 30 ans mais j’ai trouvé le lieu idéal et la source d’inspiration pour le faire.

À 18 ans, je pensais sérieusement qu’à 30 ans je serai déjà vieille. Pourtant, aujourd’hui, je me sens plus jeune que jamais. Je m’adresse donc à toutes les femmes de 30 ans, à celles qui ont passé le cap et aux petites pépettes qui le franchiront un jour. Ce billet a pour simple vocation de faire le bilan de ma vie et de partager, avec vous, anecdotes et astuces qui pourront peut-être servir à certaines d’entre vous. Je vous parle, avec amour et bienveillance, de ce chiffre rond et du sentiment ressenti à ce moment de notre existence. Mais avant, je souhaite revenir sur mon parcours pour que vous compreniez un peu mieux ce qui m’a conduit jusqu’ici.

 

Avant…

J’ai eu une enfance et une adolescence majoritairement heureuses malgré un schéma familial assez chaotique. Je n’ai absolument manqué de rien d’un point de vue matériel.

Avec ma petite sœur, nous avons toujours été connectées par un lien puissant et magique, qui nous a permis de faire face à toutes les épreuves de la vie. Nous avons longtemps tout fait ensemble, avec le sentiment que personne ne pourrait jamais nous séparer. J’adorais jouer à la maman et la protéger , comme si sa vie en dépendait. Je me rappelle de tous les instants passés ensemble. Mais c’était souvent difficile, pour elle, de laisser une place à mes amies et de ne pas être ma priorité, même une après-midi. Alors elles jouaient le jeu et la laissaient venir avec nous.
J’ai eu des meilleurs amies d’enfance incroyables et je sais que, sans les citer, elles se reconnaîtront. Nous avons construit nos fondations ensemble et réussi à faire face, tant bien que mal, à l’adolescence. Vous savez, cette période redoutable qui ne vous fait aucun cadeau. Toutes ces réflexions souvent bêtes et méchantes que vous avalez avec le sourire. Je dois quand même avouer avoir été épargnée. Mais comme les adolescents sont très forts pour trouver notre point faible, je n’ai pas échappé à la règle. Les garçons me trouvaient jolie mais n’hésitaient pas à mettre mes formes généreuses en lumière. Imaginez les remarques intelligentes qui ont grandi avec moi. L’adjectif « gros » m’a tout simplement traumatisé sans que je ne l’analyse vraiment. Je me rappelle d’une scène qui a éveillé en moi un sentiment de tristesse profonde et que je n’aimerais revivre pour rien au monde. Ma famille a souvent été maladroite à ce sujet, créant en moi un certain complexe. Je pensais donc qu’en étant plus maigre, les gens m’aimeraient encore plus.
Le regard des autres a une importance cruciale lorsque l’on grandit et, quand on arrive à s’en détacher, nous trouvons enfin la force d’être nous.

 

Révélation…

J’ai grandi avec l’impression d’avoir fait les choses à l’envers. À 20 ans, je rentrais déjà dans une vie d’adulte entre mon ménage et mon alternance. Je partageais mon quotidien avec un jeune homme adorable rencontré au lycée et nous avions une vie bien rangée, dans une maison à Châtelaillon. Je gagnais déjà ma vie et je m’appliquais à être une petite Bree Van de Kamp parfaite. Ça me plaisait de jouer à la Desperate Housewives et de construire ma vie de façon ordonnée. Deux ans plus tôt, une certaine « Ana » est apparue sans crier gare, me guidant sur le chemin du contrôle absolu. Du coup, plus ma vie était rangée et ordonnée et plus le sentiment de maîtriser m’envahissait. Je pense, avec le recul, que la côtoyer dix ans laisse des marques indélébiles. Mais quand vous décidez de ne plus lui laisser une place de choix, votre vie se transforme en coucher de soleil sans nuages.

Cette expérience s’applique à tous les maux de toutes les femmes sur cette planète. Je me suis longtemps demandé pourquoi moi, pourquoi m’avoir choisi alors que rien ne me rapprochait de ses bras. Mon entourage aussi se posait des questions mais, au lieu de chercher des réponses, j’invite chacune d’entre nous à se concentrer sur l’essentiel. Notre famille ne peux en aucun cas nous aider dans ces moments là. Ils peuvent juste nous épauler et nous accompagner.
Nous avons tous nos tracas qui nous pourrissent l’existence. En s’attachant à devenir la femme parfaite qui plaira à tout le monde, on fonce droit dans le mur de toute façon. Je suis intimement convaincue qu’il existe des portes de sortie et que chacune peut trouver les siennes. Il faut juste du temps, du courage et de l’amour. Félicitons-nous des victoires et soyons humbles face à la rémission.

À 23 ans, j’ai compris qu’en restant dans cette vie là, je ne pourrais ni m’en sortir ni m’accomplir vraiment. J’écoutais avec fascination l’expérience de ceux qui rentraient de voyage et trouvais qu’ils avaient de la chance. L’idée d’en faire de même commençait à me trotter dans la tête.

Je pensais que celui qui partageait ma vie aurait les mêmes envies que moi. Nous avons fait durer les choses en sachant pertinemment que nos chemins se sépareraient un jour. L’amour et le respect nous ont conduit à fêter nos six ans. Puis, un jour, nous avons décidé ensemble de prendre chacun notre envol.
Je reviens sur cette période car elle signait le début de ma quête de liberté. Deux ans plus tard, j’ai pris une nouvelle décision importante qui allait tout changer. J’ai quitté mon CDI et ma vie matérialiste pour vivre mes rêves et voyager. Je ne savais ni comment ni pourquoi mais j’étais convaincue que c’était la meilleure solution. Depuis 2014, j’ai tellement appris que, pour rien au monde, je ne changerais le cours de choses. J’ai compris que voyager et être heureux n’ont rien à voir avec la chance. Je me suis détachée du matériel pour m’offrir cette vie là et vivre pleinement mes rêves. Il aura juste fallu plus de temps pour tracer ce nouveau chemin de façon linéaire. Mais sachez que je garde toujours l’option de me perdre dans la forêt pour de nouvelles aventures !

 

Aujourd’hui j’ai 30 ans

Nous sommes le 19 février 2018, je suis actuellement dans le pays que j’aime le plus au monde, entourée de millions d’hommes et de femmes qui s’agitent autour de moi. L’homme qui a su conquérir mon cœur est aussi présent, avec sa prévenance et sa bienveillance inégalable. Encore une fois, ce mois passé en Thaïlande m’a permis de faire le point et de mettre des mots sur mes ressentis.

✔Je ne suis pas une femme parfaite mais que j’intrigue, fascine, dérange ou laisse indifférent, je suis enfin celle que j’ai toujours voulu être. J’ai compris que, dans la vie, nous étions toujours « trop ». Trop belle, trop riche, trop grosse, trop maigre, trop bavarde, trop discrète, trop grande etc… Donc inutile de vouloir être différente puisque nous serons également un autre « trop ». En assumant celle que nous sommes, nous connectons notre corps à notre esprit et notre vision devient personnelle. Je ne suis donc pas Alexandra, l’ado trop grosse ou Alexandra la jeune femme trop maigre mais simplement Alexandra.

✔En fonction de nos choix, nous seront toujours « jugés » par quelqu’un. Du coup, j’ai décidé d’être heureuse en étant moi-même, quitte à déplaire à certains. Lorsque j’émets une option, il y à ceux qui me découragent, ceux qui me critiquent, ceux qui m’envient et ceux qui me poussent dans cette direction. Évidement, ceux qui vont m’encourager ne représenteront qu’une toute petite partie. Mais en me concentrant sur mon souhait et en m’entourant de ceux qui croient en moi, je mets toutes les chances de mon côté pour réussir. J’ai une devise qui s’applique tout le temps : vivre comme si tout était possible. Ainsi, tout devient facile et naturel.

✔Cet été, j’ai décidé de pardonner complètement à ceux qui avaient pu me blesser intentionnellement. J’ai aussi fait le choix de ne pas attendre des choses de ceux qui ne pourraient jamais me les donner. J’ai compris que ce n’était pas forcément un manque d’intérêt de leur part mais, simplement, qu’il n’avaient pas les outils pour le faire.

✔ Ce qui m’a sauvé ce sont les voyages, les mots justes de mes amies, le regard bienveillant de mon chéri et ma passion pour le pain.

Quoi qu’il en soit, le seul conseil que je puisse vraiment vous donner est de vivre vos rêves pleinement, sans vous soucier de ce que les autres en penseront.

Je souffle donc mes 30 bougies, ici à Bangkok, avec le sentiment implacable d’être enfin en paix et heureuse…

Avec tout mon amour

ღ Alexandra ღ

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17 Commentaires

  • Répondre
    Blanquer laborie Elisabeth
    19 février 2018 Le 6 h 36 min

    Bonjour Alexandra ,
    Je suis une de vos ferventes lectrices et j’adore votre façon de communiquer. Votre style est frais sans chichi et c’est juste une bouffée d’oxygene et d’optimisme.
    Je vous suis avec délectations et essaye toutes vos bonnes adresses.
    Bonne route et surtout prenez soins vous!

  • Répondre
    Dufau
    19 février 2018 Le 10 h 02 min

    Quel texte ! tu me donnes le sourire et beaucoup de force aussi.
    Je suis fière de toi. Et je trouve ta persévérance et ta rage de vivre exemplaires.
    J’ai hâte de te le dire en face dès ton retour !
    Joyeux 30 ans ma doucerette !
    Je t’aime fort !

  • Répondre
    Sirine
    19 février 2018 Le 10 h 41 min

    Un article à couper le souffle. Sincère et plein d’émotions. Une belle leçon de vie, qui me donne envie de suivre ton dicton, vivre comme si tout était possible. Tu nous l’as prouvé, avec tout ton amour. Merci pour cette inspiration que tu nous livre quotidiennement. Je te souhaite de célébrer ces 30 printemps comme il se doit Alexandra. Continues de croire en toi !

    • Répondre
      Alexandra
      22 février 2018 Le 16 h 56 min

      Merci ma jolie pour ce commentaire. Vivons tous les jours comme si tout était possible avec #lamour en priorité. Love Alexandra

  • Répondre
    Leafruity
    19 février 2018 Le 11 h 00 min

    Juste Merci … Merci pour ces mots . LVE

    • Répondre
      Alexandra
      22 février 2018 Le 16 h 55 min

      Juste Merci … merci d’avoir pris le temps de le lire et de me suivre <3

  • Répondre
    Céline April
    19 février 2018 Le 11 h 27 min

    Encore joyeux anniversaire ma belle. Merci pour ce très bel article plein de sincérité et de paix. À titre personnel, je suis un peu bouleversée de te lire te mettre à nue car plus je te découvre, et plus je constate des points communs dans nos parcours (pas tout bien sûr, mais beaucoup) : une enfance et adolescence plutôt chaotique (tout en maternant ma petite soeur comme toi, qui venait régulièrement dans mon groupe de copines), une vie pro qui commence à 19 ans avec l’alternance (par la force des choses), une mise en ménage au même âge, des phases d’apprivoisement avec cette détestée Ana (même Mia malheureusement), etc. Aujourd’hui je suis toujours avec le même homme qu’à 19 ans, plus âgé que moi, il est devenu mon mari et le père de mes deux enfants.
    Je ressens moi aussi un certain appaisement à l’approche de la trentaine… pardonner à ses proches, à ses amis, à toutes ces personnes qui n’ont pas « les outils » (comme tu le dis parfaitement) pour être meilleurs. Comprendre que les blessures qu’ils nous ont infligés n’étaient pas volontaires, et faire le tri dans sa vie, devenir soi enfin.
    Je t’embrasse fort et te souhaite de passer un superbe anniversaire avec ton prince 🙂

  • Répondre
    Marion Jeandet
    19 février 2018 Le 14 h 02 min

    J’ai été très émue par ton histoire. J’ai aussi été atteinte d’anorexie de laquelle je sors encore.
    J’aime beaucoup ta vision de voir les choses. Tes mots sont doux, rassurants et justes.
    Je te souhaite énormément de bonheur pour la suite. Et continue de partager comme tu le fais si bien !

    • Répondre
      Alexandra
      22 février 2018 Le 16 h 54 min

      Merci Marion pour ce commentaire. Je suis persuadée que tu trouveras toi aussi tes portes de sorties. Elles sont souvent plus prés que ce que l’on avait imaginé. Love ALexandra

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    HELENE LAGARDERE
    19 février 2018 Le 15 h 37 min

    très beau texte Alexandra, va et reste sur ton chemin, il est bon !

    • Répondre
      Alexandra
      22 février 2018 Le 16 h 53 min

      Merci Hélène je suis ravie d’y être arrivée <3

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    Causse Eve
    20 février 2018 Le 18 h 55 min

    Bravo pour cette méditation, pour cette analyse sur toi même qui n’est pas chose facile ! Je pense que tu as choisi la bonne voie, celle de ton coeur que tu as su faire remonter au plus profond de toi ! Je te souhaite de continuer ton chemin en étant tjs en accord avec toi même et d’être heureuse avec ceux que tu aimes et qui
    t’aiment…

    • Répondre
      Alexandra
      22 février 2018 Le 16 h 52 min

      Merci Eve cela me touche beaucoup.

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    Guéna
    26 février 2018 Le 7 h 08 min

    Alexandra il est 7h du matin et ton texte m’a bouleversé… j’ai 26 ans et je suis atteinte de cette pourriture depuis 7 ans j’ai peur… Peur de ne jamais m’en sortir, peur de ne jamais lâcher prise et j’ai toujours rêvé de voyager… peut être ai je besoin de cela aussi ?
    Merci pour ce bel article… Tu es un souffle d’espoir… tu es très bien comme cela.. ne laisse jamais les autres t’atteindre, ceux qui ne l’ont pas vécus ne peuvent pas comprendre..

    Guena, une passionnée de vins et de sport

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    Emmanuelle
    26 février 2018 Le 14 h 21 min

    C’est un tres beau texte que tu as écris là et c’est un texte qui te ressemble 🙂 tu as raison d’etre toi et merci de nous faire partager ta joie et bonne humeur chaque jour ! J’adore passer des moment avec toi qui sont simp’e Et vrai et j’espère qu’il y en aura pleins d’autre ici et là, à Bruxelles, à Bordeaux où qui sait autre part !
    Des bisous ma belle à très vite j’espère !!

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    Ambre
    26 février 2018 Le 16 h 05 min

    Superbe article ! Merci pour ce partage Alexandra !
    Au plaisir de vite te revoir ! Bisous !

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    Mélanie
    6 mars 2018 Le 17 h 17 min

    C’est un très très beau témoignage Alexandra !
    Chacun d’entre nous ne peut que se retrouver dans tes mots.
    Continue de vivre tes rêves, de te laisser porter par tes aspirations et de voir et reconnaître les plaisirs simples, parfois si petits, mais toujours authentiques.

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    Comment trouver l'équilibre professionnel et personnel ?
    1 mai 2018 Le 22 h 11 min

    […] février, j’ai fêté mes 30 ans et je suis censée fonder ma famille, dans un appartement confortable. Mais cette ligne de […]

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